De qui se MOOC -t-on ?

UniversitéDepuis longtemps, quinze ans au moins, les promesses d’un accès facilité au savoir et aux cours universitaires via Internet existent. Pour autant, lorsque l’on regarde un peu en arrière, on s’aperçoit que le développement effectif de ces concepts a pris du temps. Il existe en effet plusieurs raisons – bonnes ou mauvaises – qui s’opposent à la mise en pratique de cours ouverts sur Internet. Avant de revenir dessus, je note quand même un progrès conséquent : le concept a enfin trouvé un nom et acquis une certaine renommée. On parle en effet désormais de MOOC (massive open online course), ou en français, de Cours en ligne ouvert et massif (moins pratique pour les jeux de mots).

Techniquement parlant, il y a au moins deux freins valables : d’une part, la transmission moderne du savoir est souvent multi-médias, il ne suffit donc pas de mettre en ligne des cours écrit pour dire que la tâche est remplie, mais bien de développer de véritables fonctionnalités techniques mêlant vidéos, textes, exercices, blogs, wiki, etc. ; d’autre part, les plates-formes d’accès doivent être prêtes à encaisser un nombre important de connexions simultanées, et donc s’appuyer sur une infrastructure informatique de qualité.

D’autres freins existent tels que l’homogénéité du public, les échanges entre « étudiants », la sincérité des examens, etc. J’avais eu l’occasion de tester avec plaisir les cours en ligne de l’OMPI/WIPO (Organisation Mondial de la Propriété Intellectuelle)Logo OMPI il y a quelques années, et les solutions existaient déjà en partie, notamment par l’affectation de créneaux spécifiques, la possibilité de poser des questions on-line, etc. Bref, pas beaucoup plus de limitation que pour n’importe quel cours de fac en amphithéâtre traditionnel. Idem pour l’organisation et l’assiduité : des périodes d’ouvertures de cours, et des « fenêtres » de remise d’exercices permettent d’astreindre à une certaine discipline.

Les principaux freins au développement de ces solutions, ils sont bien sûr à chercher auprès des universités et écoles, qui au mieux n’ont pas fait de ce thème une priorité, au Ligne_Maginotpire ont cherché à le freiner. Pourquoi financer une « université populaire » lorsque l’on est un acteur bien établi du monde de l’enseignement et de la recherche ? Et surtout, comment gérer tous les aspects de Propriété Intellectuelle, de diffusion, de restriction, etc ? Enfin, pourquoi prendre le risque d’exposer ses cours et leurs éventuelles faiblesses, si ça ne rapporte rien ? Comme toujours, il faut que des brèches s’ouvrent pour permettre qu’une nouveauté se démocratise. Certaines Université américaines ont ainsi ouvert la voie, et, signe qui ne trompe pas, la prestigieuse Ecole Polytechnique a décidé de rejoindre dès cette année la plateforme Coursera pour 3 cours assez pointus. On peut ainsi espérer que le mouvement est définitivement lancé en France !

coursera-logoPour ma part, à la fois par intérêt pour le cours et pour tester le concept, j’ai décidé de m’inscrire, via la plateforme coursera au cours « Leading Strategic Innovation in Organizations » du Dr David A. Owens (Vanderbilt University). Le cours est censé durer de début mars à fin avril. J’espère le suivre avec l’assiduité nécessaire, au moins pour le niveau « standard » (4 à 6 heures par semaine quand même). Les premiers pas sont intéressants : je vous tiendrai au courant , et suis preneur de commentaires sur vos propres expériences !

Quoiqu’il en soit, ce mouvement vers plus de partage et d’Open data est un sujet sur lequel nous reviendrons sur ce blog, car il est fondamental pour la recherche et l’innovation, et il s’agit d’un paradigme qui va indubitablement s’imposer dans les années qui viennent, que les conservateurs le veuillent ou non.

Ajout du 17/03 : l’école centrale de Lille lance ce lundi 18 mars un MOOC (en français) sur la gestion de projet , à travers la plateforme CANVAS : learn.canvas.net

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