Flash Info Instrument PME : changements importants en vue pour 2018 !

L’Instrument PME est un des financements les plus attractifs et demandés. Celui-ci va faire l’objet de modifications importantes à partir de 2018. Ce billet présente brièvement les principaux changements annoncés. Nous aurons l’occasion de revenir plus globalement sur l’instrument PME au cours d’un prochain billet de blog. Continuer la lecture

A quoi servent les SATT ?

Cette question, qui a nécessairement été discutée un jour au cours d’un déjeuner de hauts fonctionnaires, d’un séminaire de consultants en politiques publiques, ou d’un colloque d’universitaires, voire lors d’un apéritif dînatoire réunissant tout ou partie de ces différents acteurs, n’a pas encore de réponse officielle.

Le Sénateur Philippe Adnot, qui bénéficie – je crois à juste titre – d’une large reconnaissance sur les sujets de la Recherche et de l’Innovation, apporte un début de réponse dans un rapport (provisoire mais déjà publié). Continuer la lecture

Dominique Carlac’h, nouvelle présidente de l’ACI

La dernière assemblée générale de l’ACI, Association des Conseils en Innovation, s’est tenue le 25 juin, en marge de la manifestation « Pour une nouvelle dynamique de l’innovation » organisée par ses soins (plus d’information bientôt sur Innoblog).

DominiqueCarlachL’Association des Conseils en Innovation représente désormais soixante sociétés de conseils, pour un effectif cumulé de plus de 1000 consultants spécialisés en innovation.

A cette occasion, Dominique Carlac’h (photo ci-contre) a été élue en tant que Présidente. Elle succède ainsi à Patrick Haouat, qui nous avait fait le plaisir de nous accorder une interview il y a quelques mois (à retrouver ici). Continuer la lecture

CIR : préparer son contrôle (ceci n’est pas une menace !)

Hasard de l’actualité (ou pas ?), au moment même où certains communiquent sur les risques « insupportables » que font peser les contrôles fiscaux sur les utilisateurs du Crédit d’Impôt Recherche, le M.E.N.E.S.R. (puisque le M.E.S.R. a été fusionné avec l’Education Nationale) publie ces jours-ci un article publié sobrement : « CIR : préparer son contrôle ».

Au-delà de la maladresse de ce titre qui sonne malencontreusement comme une fatalité – voire un avertissement – pour les entreprises qui utilisent le dispositif, le ton adopté démontre plutôt une envie de désacraliser ce type d’événements, souvent mal perçus par les entreprises, en particulier les plus petites d’entre elles. En lien avec les procédures de rescrit et les procédures de contrôle sur demande, on perçoit bien la volonté de l’administration de se prémunir contre les fraudes (et les critiques qui y sont associées, par exemple celle-ci), tout en se rapprochant d’une vision « adulte » de la procédure fiscale.

Au détour de ce texte, le ministère indique notamment, en répondant ainsi à un questionnement maintes fois formulé, qu’il n’appartient pas à l’expert de requalifier les dépenses de R&D en dépenses d’innovation et inversement. Il appartient à l’entreprise, si elle l’estime fondé, de faire une demande en ce sens auprès de la direction générale des Finances publiques (DGFiP). Voilà au moins un point qui devrait clarifier les choses pour les entreprises concernées, et qui sera à mettre en regard des sommes réellement déclarées au titre du Crédit d’Impôt Innovation.

Pour le reste, et les soupçons de fraude notamment, j’y reviendrai dans un prochain billet !

Le Guide 2014 du CIR est disponible

Cover_GuideCIR2014Ce n’est (presque) plus une information : le guide 2014 du CIR a été mis en ligne par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche début mars. Il est intéressant de constater que c’est presque 2 mois plus tôt que l’année dernière, et que l’on approche là de délais incompressibles du fait du calendrier législatif.

Bonne nouvelle, et cause probable de cette accélération du calendrier, le dispositif reste relativement stable par rapport à l’année dernière. Parmi les rares nouveautés, l’appréciation de la « stabilité de l’effectif salarié » s’effectue au niveau des seuls personnels de recherche. pour bénéficier de l’avantage « jeune docteur ».

Le guide 2015 sera-t-il aussi stable et aussi précoce ? Les paris sont ouverts.

Journée nationale : les PME dans HORIZON 2020 (2 avril à Paris)

Le M.E.S.R. et le consortium du P.C.N. P.M.E. (coordonné par Christian Dubarry, de Bpifrance), organisent le 2 avril une journée nationale d’information sur le thème des PME dans H2020.

Cette journée se veut assez ambitieuse et complète, puisqu’elle a pour objectif d’informer aussi bien sur l’instrument PME que sur la participation des PME aux programmes collaboratifs « classiques », en passant par Eurostars, les JTI, ou encore les actions Marie Skłodowska-Curie (qui seront présentées par Jean-Jacques Bernardini, interviewé l’année dernière sur Innoblog).

A noter également l’intervention de l’Association des Conseils en Innovation (A.C.I.) représentée par Nicolas Bonnet. Vous pouvez retrouver l’ensemble des détails, et vous inscrire le cas échéant, ici.

Innovez vite, innovez lentement (mais innovez !)

Thierry_RolandLes amateurs de football à la télévision le savent, surtout s’ils ont connu les commentaires de Roland et Larqué : Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation ! Outre le fait que ce soit un des commentaires les plus pertinents du duo en trente ans de carrière (ce n’est pas le débat ici), c’est également une des questions récurrentes des entreprises qui veulent innover, ou de ceux qui les aident à le faire : quel est le bon « timing » ? Le réflexe habituel est plutôt d’essayer d’aller « le plus vite possible » lorsqu’il s’agit d’innovation, avec l’aide bienveillante du célèbre « asap », qui pullule encore en entreprise. Continuer la lecture

Oui, l’Etat doit continuer à soutenir l’innovation.

cordesLorsque j’ai la chance d’animer une formation sur les aides publiques à l’innovation, c’est une des questions que je pose souvent très tôt : « pourquoi, dans une économie sociale de marché (clin d’œil au traité constitutionnel européen), les états interviennent-ils pour soutenir la recherche et l’innovation privée ? ».

C’est une question qui donne d’ailleurs souvent lieu à des débats intéressants. Ma réponse est relativement simple : c’est parce que ce sont des activités (R&D) et des processus (innovation) qui ne se mettent pas en place du simple fait de la « loi du marché ». Cette idée, parfois contestée du fait notamment de certaines lourdeurs de l’appareil d’état (et donc de questions sur l’efficacité de l’argent public ainsi consommé), elle est défendue avec force dans une tribune très didactique d’André Grjebine (directeur de recherche à Sciences Po), parue dans le monde récemment (et en accès libre, profitez-en !) : L’Etat conserve un rôle majeur dans l’innovation.

Je ne vais pas paraphraser son article, que je vous invite donc à lire, mais je me range évidemment à ses côtés lorsqu’il prétend que plus les entreprises raisonnent à court terme, plus la légitimité de l’Etat sur ces sujets est forte. Il termine sa tribune par une question centrale, qui sort du champ technique et renvoie aux choix politiques : Reste à savoir comment éviter que les risques soient socialisés et les profits privatisés ? Sur ce soutien des politiques à la recherche et l’innovation, je rajouterais pour ma part 2 questions. La première : comment les décideurs politiques, et par là-même les citoyens, peuvent-ils décider quels thèmes et quelle formes d’innovation doivent être encouragés ? Je crois en effet que nous nous rendons compte aujourd’hui que si l’innovation est vertueuse en tant que pratique, toutes les innovations ne sont pas positives.

cheerleadersLa seconde, plus d’actualité, m’est inspiré par la politique volontariste, positive, mais parfois brouillonne de la France en matière d’innovation : comment les différents acteurs publics peuvent-ils mobiliser tous les efforts consacrés à l’innovation et à la recherche, sans qu’une partie significative ne soit investie dans un simple support formel ? Une sorte de « cheerleading » institutionnel dont une part essentielle consisterait à scander « IN-NO-VEZ » ou « EN-TRE-PRE-NEZ », et à se contenter d’applaudir quand une initiative individuelle aboutit.

 

L’entrepreneuriat accessible à tous ! – le MOOC Effectuation

Cette semaine a débuté le MOOC « Effectuation », proposé par l’EM Lyon et animé par Philippe Silberzahn. Le blog de ce dernier est d’ailleurs une référence sur l’innovation (vous pouvez, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le retrouver ici).

Fervent utilisateur du système des MOOCs (et intéressé plus que jamais par les questions sur l’entrepreunariat !) je me suis donc inscrit à ce cours. J’ai notamment relevé, dans cette première semaine dédiée à la démythification de l’entrepreneuriat, l’affirmation plusieurs fois répétée que « Tout individu peut être entrepreneur« , qui a donné son titre au présent billet.

Plus généralement, les premières vidéos et les échanges que j’ai pu lire m’ont vraiment plu : concepts simples mais pas simplistes, légèrement iconoclaste, et pas d’esbroufe comme on peut le craindre parfois sur ce type de sujets. Bref, je conseille vivement à tous ceux intéressés par l’entrepreneuriat ET l’intrapreneuriat  de sauter dans le train (les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 14 novembre), d’autant plus que l’effort demandé reste raisonnable : les concepteurs prévoient 2 h par semaine de temps à consacrer, et ce sur 5 semaines. On verra ce que réservent les semaines à venir, mais je ne vois pas comment le retour sur investissement pourrait être négatif !

Dernier point, ce MOOC est hebergé sur la plateforme UNOW, du nom de la start-up du même nom spécialisée dans les MOOC et qui est déjà intervenue sur l’excellent MOOC « ABC de la gestion de projeté, animé par Rémi Bachelet pour le compte de Centrale Lille. Je manque de recul sur la plateforme, qui s’apparente sur la forme Canvas, mais j’ai déjà noté le système de prise de note collaborative via Google Docs parmi les points positifs de l’expérience utilisateur.

 

Le rapport « Lauvergeon », et maintenant ?

C’est un rapport qui était attendu par le monde de l’Innovation, autant par curiosité – à quoi un tel rapport peut-il ressembler ? – que par intérêt. Voire, avec un peu de crainte pour les secteurs qui craignaient d’être oubliés. Et ce d’autant plus que le rapport dit « Beylat-Tambourin », sorti avant l’été, était plutôt de bonne facture.

Rapport LauvergeonAutant le dire, ce rapport, issu de la Commission « Innovation 2030 » et téléchargeable ci-contre, laisse un sentiment mitigé. Il s’avère relativement simple dans son approche, et radical dans ses choix : 7 « ambitions » sont retenues, dont on ne sait pas trop s’il s’agit d’une liste exhaustive des priorités, ou d’un compléments aux plans industriels déjà existants.

Ces 7 ambitions (on notera que les énergies renouvelables ne sont pas présentes) sont les suivantes :

  1. Stockage de l’énergie
  2. Recyclage des matières
  3. Valorisation des richesses marines
  4. Protéines végétales et chimie du végétal
  5. Médecine individualisée
  6. Silver économie
  7. Valorisation des données massives (Big Data)

Au delà de cette sélection drastique, qui semble devoir se concrétiser par des concours d’innovation aux dotations importantes, le rapport veut introduire une notion de « principe d’innovation » dont le but serait d’équilibrer le « principe de précaution ». Concrètement, je ne vois pas très bien ce que ça signifie, donc je vous laisse la définition in extenso qu’en fait la Commission : Reconnaître que l’innovation est essentielle au succès économique, accorder un accueil favorable à la nouveauté, simplifier les procédures, encourager l’expérimentation, alléger les normes, consacrer une part significative des commandes publiques à des propositions innovantes, faire preuve de constance dans les politiques publiques, valoriser la prise de risque et son corollaire, l’échec, dans le système éducatif, etc., sont autant de mesures que la Commission recommande d’inscrire dans un principe d’innovation, qui équilibre le principe de précaution. Ce principe, promu au plus haut niveau de l’État, peut constituer un fil directeur commun à une politique d’avenir ambitieuse, résolument engagée dans l’avenir, et montrer aux entrepreneurs que l’État soutient leurs initiatives.

Chacun se fera sa propre opinion, mais ce rapport pourrait malheureusement, confirmer son propre diagnostic : il existe en France des pesanteurs et des fonctionnements peu propice à l’innovation. Une Commission comme celle-ci est-elle un avatar de cet état de fait, ou le premier pas pour sortir d’une spirale plutôt négative ? Rendez-vous en 2030 pour en parler !